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Maurice VENTURA (ESEO 1988)

Portraits d'Ingénieurs

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13/06/2019

Ma sortie de l’ESEO

A ma sortie de l’ESEO en 1988, j’ai effectué mon service militaire en tant que professeur de Physique et me suis inscrit, en parallèle, à un DESS Certificat d’Administration des Entreprises de l’IAE de Poitiers.

1989 fut l’année qui a marqué la fin de mes études avec mon dernier stage et mon DESS, la fin de mon service national, mon mariage et mon démarrage dans la vie active.

En 1989, les télécom avaient de gros besoins et l’informatique peinait à recruter, j’y suis arrivé tout naturellement.


Parcours en SSII

Après un court passage dans la téléphonie à Saumur en tant que développeur, j’ai travaillé pour des sociétés de services sur Paris : sur les premiers SIG (systèmes d’informations géographiques) de la Générale des Eaux, puis comme administrateur UNIX pour EDF.

Après 6 ans à Paris (et 3 enfants), nous avons souhaité retourner dans l’Ouest et finalement CAP Gémini m’a proposé un poste d’administrateur UNIX pour Renault Trucks … sur Lyon. Comme je rêvais de travailler pour un grand groupe industriel, j’ai fini par accepter et nous nous sommes installés à Bourgoin Jallieu en Isère, où nous vivons toujours. Je travaillais à la centrale informatique dans l’équipe qui était chargée de l’administration d’une centaine de serveurs et de 1200 stations de travail.


Parcours dans un grand groupe industriel intégré à un groupe international

En 1998, j’ai quitté Cap Gémini pour Renault Trucks à la faveur d’une création de poste. Nous travaillions sur des projets communs avec l’américain Mack Trucks, autre filiale du groupe Renaut. 3 ans plus tard, Renault Trucks rejoignait le groupe Volvo (aussi gros mais plus international à l’époque). Je m’occupais toujours de serveurs UNIX, participais à de nombreux projets français et internationaux et gérais un projet global pour le groupe. Puis je suis passé au stockage/archivage (SAN, NSA, backup…).


Après des progrès en anglais et de nombreux voyages surtout à Göteborg siège du groupe, j’ai voulu découvrir d’autres aspects de l’entreprise. En 2004, j’ai intégré un service méthodes industrielles pour créer un nouveau poste lié à la mise en place de la nouvelle architecture électronique. Il s’agissait d’un poste très relationnel (aspect qui m’a plu) entre les études (France et Suède), les usines (en Europe), le siège (Göteborg). Je formais, informais, supportais, participais à des réunions de crises, à des campagnes de reprise, mais aussi à des instances de décisions au niveau du groupe. C’était un poste de spécialiste, très opérationnel et très valorisant.


En 2008, j’ai eu envie de découvrir le management et pris la responsabilité d’un service en après-vente. Mon service était responsable de la documentation après-vente pour les aspects électriques et électroniques. Au départ, très lié à la marque Renault Trucks intégré à l’après-vente avec 9 personnes, il est vite devenu global et a été intégré aux études, passant à un effectif de 48 personnes dont 42 prestataires de services. Cette croissance due au renouvellement des gammes Volvo était essentiellement le résultat de la montée en puissance de l’électronique (et aux problèmes qui y étaient liés). J’étais le responsable du site de Lyon, un des 4 sites du groupe en charge des outils de diagnostics. Je participais à quantité de projets véhicule, suivais des dizaines de réunions par semaine, gérais quantité de tableaux excel pour le suivi d’activité, faisais le point quotidiennement avec mes équipes avec une méthode de management « à la suédoise ». Le management d’équipe me plaisait beaucoup, le fait de travailler à l’international aussi, l’aspect administratif et la lourdeur beaucoup moins...

Après la fin des gros projets j’ai eu envie de prendre du recul et ai pris un nouveau poste commercial. Il s’agissait d’un poste d’analyste (facturation, livraison …), qui au début me permit de prendre le recul nécessaire, mais qui finalement ne m’intéressait pas beaucoup…

Renault Trucks réalisa 2 plans sociaux à cette époque, je réussis en décembre 2015 à partir dans le second avec comme objectif de reprendre une entreprise, je me disais que c’était le bon moment.


Ma recherche 

Mon souhait d’entreprendre, même s’il ne s’était pas vraiment manifesté jusque-là, avait été alimenté : mon DESS CAAE orienté gestion d’entreprise obtenu en 1989 ne fut pas suivi d’effets, mais en 2011 un bilan de compétences m’éclairera sur mes aspirations. Je m’inscrivis à des cours de gestion et de stratégie d’entreprise et de marketing au CNAM de Lyon pour voir si je n’étais pas trop « rouillé » et aussi par intérêt et pour changer de cadre.

Au début, n’étant pas issu d’une famille d’entrepreneur, ni particulièrement adepte du risque, je me suis orienté sur des activités que je supposais peu risquées (comme la profession d’agent général d’assurance). Mon projet s’est déroulé sur 2 ans et a abouti, le 1er février 2018, à la reprise d’ICFI société de services informatiques qui réalisait des missions d’assistance technique. Pendant ces 2 années (je ne pensais pas que ce serait si long), j’ai suivi plusieurs formations dont une de 3 semaines centrée sur la reprise d’entreprise au CRA (Cédants repreneurs d’affaires) et ai pu déterminer ma cible (type d’entreprise recherchée, taille, critères financier). Je me suis appuyé sur les experts comptables de la CCI et j’ai fait partie de groupes de repreneurs (au CRA, à la CCI et même au club des Arts et Métiers (Le Cnam de Lyon… eh oui ils sont ouverts !!!). Il est très important de ne pas rester seul et d’échanger. J’ai choisi un expert-comptable et un avocat de confiance, ce qui est capital.

La reprise d’une entreprise nécessite d’avoir une bonne vision de l’entreprise de tous les points de vue : financiers, économiques, légaux, fiscaux, humains, techniques mais aussi psychologiques. J’ai répondu à des dizaines d’annonces, visité des dizaines d’entreprises ; étudié sérieusement une petite dizaine, vu des intermédiaires avec plus ou moins de confiance, contacté par approche directe une trentaine d’entrepreneurs et autres. J’ai effectué des démarches approfondies avec 4 entreprises (une dans les onduleurs, une en électricité, une en informatique (CAO électrique) et ICFI. J’ai eu 3 échecs avant la reprise d’ICFI, d’où le délai de 2 ans (la moyenne est d’un an et demi). Je me suis rendu compte de la diversité des situations des PME à reprendre et des conditions des dirigeants. La reprise d’entreprise (à moins de la faire en famille) est en général une période assez longue, compliquée et remplie d’imprévus.


La reprise d’ICFI

Elle s’est effectuée dans de bonnes conditions sur une période très courte : 4 mois entre la première intention exprimée et la signature. La reprise s’est faite sous forme de fonds de commerce et non par rachat de parts sociales, ce qui est plus courant mais plus long pour ce type d’entreprise. La société avait 6 salariés à mon arrivée et 3 sous-traitants.

Particularités : les salariés et sous-traitants sont pour la plupart à Paris, une est à Rennes, une autre à Montpellier un sous-traitant est sur Limoges. J’ai eu à régler quelques problèmes sociaux avec des salariés dès mon arrivée. J’ai rencontré très rapidement les clients et été rassuré sur la pérennité de l’activité.

L’activité d’ICFI est centrée sur des logiciels de gestion d’établissement de santé (Ehpad, Cliniques, pharmacies hospitalières). Nous intervenons en assistance technique en tant que chefs de projets fonctionnels ou formateurs sur la mise en place d’ERP spécifiques, leur déploiement et la formation des utilisateurs (infirmiers, aides-soignants, médecins, administratifs, pharmaciens, préparateurs). Les sous-traitants ont des postes plus techniques de développeurs. Ce monde, assez loin du poids lourd, m’était parfaitement inconnu mais il m’intéressait. J’ai dû une nouvelle fois m’adapter et me remettre en question. J’ai commencé à tisser un nouveau réseau dans ce domaine jusqu’ici inconnu.


La vie après la reprise

Dans une petite entreprise (surtout très petite), vous devez tout gérer et tout faire (ou presque). Pour ma part, j’ai un expert-comptable et une femme de ménage à qui je délègue (et encore, je fais les vitres et je contrôle les comptes), parfois un avocat (le minimum). Il faut en être conscient surtout si vous sortez d’un grand groupe.


Après une première année passée à la tête de mon entreprise, je dresse le tableau suivant (très personnel) :

  • J’ai gagné beaucoup en indépendance et en autonomie même si je dépends complètement de mes clients ;
  • J’ai divisé par 20 mon temps de réunion et mes mails par rapport à ma période de responsable de service ;
  • Je travaille d’où je veux (c’est lié à mon activité) et peux prendre quelques jours de congés quand je le souhaite ;

Par contre,

  • Je me dois d’être réactif, je ne suis jamais totalement en congés, je dois pouvoir répondre à mes clients rapidement, je travaille souvent le soir, parfois la nuit en fonction des besoins mais aussi de mes disponibilités.
  • La partie commerciale suppose des efforts soutenus de relance, vos interlocuteurs ne vous répondent pas forcément (et oui ils sont noyés sous les mails !!).
  • J’ai aussi dû revoir la communication de l’entreprise, les outils de suivi de l’activité et des salariés.
  • Pour la facturation, il faut tout suivre sinon les clients, même les grands groupes, ont tendance à oublier de vous payer !!! et le suivi de la trésorerie est capital pour une petite entreprise.


Mes salariés sont précieux, mais ne doivent pas être trop gâtés. J’ai toujours accordé de l’importance aux relations humaines et, pour avoir été longtemps salarié et prestataire, je peux comprendre leurs points de vue et leurs attentes. De bonnes conditions sont pour moi prépondérantes dans ce type d'activité.

Comme je suis assez seul en tant que patron et sur mon lieu de travail, j'ai adhéré à deux associations et essaie de voir régulièrement d'anciens collègues ou d'autres connaissances sur le temps du déjeuner.


Au niveau comptable, la première année s’est bien passée, au-delà du prévisionnel élaboré avec l’expert-comptable. Mes activités essentielles sont désormais la recherche de nouveaux clients et le recrutement (ce qui est en ce moment très difficile en informatique).


Pour pérenniser l’activité de l’entreprise, trop dépendante d’un client, je cherche de nouveaux clients dans notre spécialité (ERP de santé) mais aussi en prestations dans d’autres domaines que j’appréhende (architecture, systèmes, chef de projet). Je réfléchis à d’autres activités possibles (IOT, édition de logiciels, revente …) qui seront à étudier suivant les opportunités et les évolutions technologiques.

Aujourd’hui, je reçois des appels d’offres de grandes entreprises et d’un éditeur de logiciels et lance prochainement une démarche commerciale auprès des groupes de santé.



La semaine dernière aux 2 alpes 31 ans après notre sortie de l’ESEO nous nous sommes retrouvés pour une semaine à la montagne : 4 électrons Thierry Blanchard, Fabrice Bourges, Alain Gouraud, moi-même avec nos épouses et 3 autres amis.


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